mercredi 14 mars 2018

Les instruments de musique oubliés ont la cote





Cabrette, serpent, ophicléide, bugle, basson… Non, ces termes ne désignent pas des espèces animales en voie de disparition, mais des instruments de musique vieux de plusieurs siècles. Tombés dans l’oubli, ils reviennent en force dans les orchestres et font frissonner les salles des ventes. En exclusivité, retour sur ces pièces qui ont la cote à travers la dispersion samedi 7 avril 2018 à Vichy et sur le Live d’Interencheres de deux collections d’instruments à vent…

Les instruments historiques intègrent les orchestres

De la Philharmonie parisienne au Konzerthaus de Berlin, l’orchestre Les Siècles, sous l’égide du chef François-Xavier ROTH, s’est donné un défi dès 2003 : jouer chaque répertoire sur les instruments historiques appropriés, mettant ainsi en perspective plusieurs siècles de création musicale. Depuis, la méthode a fait des émules et les plus grands musiciens l’adoptent, soucieux d’approcher au plus près les couleurs et le son originels de chaque morceau. « Ce regain d’intérêt a été initié par la redécouverte de la musique baroque. Ensuite, les musiciens se sont mis à jouer la musique romantique et celle des autres époques avec les instruments d’origine », explique Bruno KAMPMANN, expert en instruments à vent.
Dès les années 1950, les chefs d’orchestre et musiciens Gustav LEONHARDT, Nikolaus HARNONCOURT, Sigiswald KUIJKEN, suivis de Ton KOOPMAN ou encore Jordi SAVALL, s’emparent d’anciens clavecins, violoncelles, violes de gambe, ou diapasons et remettent à l’honneur les œuvres de BACH, HAENDEL, VIVALDI, et BUXTEHUDE. A rebours du progrès permanent, ils affirment ainsi un retour aux sources et préfèrent à l’interprétation moderne, une restitution dans la plus pure tradition. Un nouveau dogme qui gagne désormais le marché des instruments anciens, marqué par des prix croissants, touchant notamment les instruments de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle.

Un marché particulièrement dynamique

« Ce marché est particulièrement actif, avec un public qui s’est diversifié ces dernières années », commente Maître Etienne LAURENT qui dispersera aux enchères le 7 avril à Vichy deux collections importantes d’instruments à vent : un ensemble de pièces anglaises et une autre collection, plus hétéroclite, comprenant aussi bien des guitares qu’un clavecin, des flûtes ou des harpes. Une vente qui témoigne du nouveau dynamisme du marché. « On retrouve notamment un cor naturel HALARY  (lot N° 360) estimé à 6 000 euros qui rappelle à quel point la demande est forte pour ce type d’instrument. Ils sont très rares et ils coûtaient moitié moins il y a encore sept ou huit ans », détaille l’expert Bruno KAMPMANN. Le cor naturel apparaît au XVIIIe siècle pour remplacer le cor de chasse (dit « cor baroque ») et animer les soirées mondaines. Il inspire alors les compositeurs romantiques les plus illustres, à l’image de Johannes BRAHMS (1833-1897) qui s’en fait le grand défenseur lorsque naît le cor à pistons au cours du XIXe siècle. Finalement remplacé à l’aube du siècle suivant, il connaît aujourd’hui un regain d’intérêt. « Les cornets (petits cors) à pistons du XIXe sont eux aussi très recherchés. Ils permettent de rejouer la musique romantique de BERLIOZ (1803-1869) notamment. » Dans la vente du 7 avril, un cornet à trois pistons de KOHLER (lot N° 320) est ainsi estimé 2 500 euros.

La redécouverte d’instruments tombés en désuétude

L’engouement autour de ces instruments d’époque est tel que les facteurs actuels se mettent à les copier. « Le serpent par exemple est très à la mode, j’en joue d’ailleurs moi-même et des copies modernes sont aujourd’hui fabriquées, confie l’expert Bruno KAMPMANN. Celles-ci ont eu tendance à faire baisser les prix des pièces anciennes au cours des dix dernières années, mais leur cote a toujours été particulièrement soutenue et elle commence à remonter. Pour un serpent ancien de bonne qualité, il faut donc compter autour de 4 000 euros en fonction de l’état, et davantage s’il s’agit d’une pièce exceptionnelle. » Le 7 avril, seront ainsi proposés un serpent droit en laiton (lot N° 286) estimé 2 500 euros et un autre en forme de S, daté du XVIIIe et estimé 2 000 euros. « Le serpent fut créé au début du XVIIe siècle pour accompagner les chœurs d’église, avant d’être employé à la fin du XVIIIe siècle pour les chants militaires et révolutionnaires. C’est un instrument grave, à embouchure comme le tuba. Il a été peu utilisé dans la musique classique, mais mis à l’honneur dans une des œuvres majeures de BERLIOZ, la Symphonie fantastique de 1830. »
Au XIXe siècle, le serpent est remplacé par l’ophicléide, un instrument métallique muni de clés, permettant de jouer avec une plus grande justesse. Il est alors très employé dans la musique militaire, d’harmonie et de fanfare jusqu’à la Première Guerre mondiale où il est troqué pour le tuba à pistons, plus maniable.  « L’ophicléide connaît aujourd’hui un regain d’intérêt et la demande pour les pièces anciennes est très forte car, au contraire du serpent, peu de copies modernes sont fabriquées, explique l’expert. Les prix grimpent et rejoignent ainsi ceux du serpent qui coûtait plus cher jusqu’alors. Il faut aujourd’hui compter autour de 3 000 euros pour acquérir un bon ophicléide, alors qu’il y a encore sept-huit ans il se vendait autour de 1 000 euros, quand un serpent s’envolait à 5 000 euros. » En témoigne, une pièce exceptionnelle de la vente du 7 avril (lot N° 305), estimée 4 000 euros. « Elle fut fabriquée par le grand facteur lyonnais TABARD et elle est pourvue d’une étonnante tête de dragon, un décor très apprécié au XIXe siècle », précise Maître Etienne LAURENT. Un autre ophicléide très rare du facteur anglais GLYDE (lot N° 310) sera également mis aux enchères, estimé à 1 000 euros.

Des prix qui explosent pour les pièces les plus rares

« Parmi les instruments à vent, ce sont les instruments aigus tels que les trompettes, les flûtes, ou les clarinettes, qui restent les plus collectionnés, poursuit l’expert Bruno KAMPMANN. Leurs prix ont connu un léger infléchissement, mais ils remontent ces dix dernières années. » Toutefois, le marché des instruments anciens, jouet de l’offre et de la demande, est soumis aux mêmes règles que les autres : la rareté fait le prix. « La vente du 7 avril propose de nombreuses pièces très rares telles qu’un clavecin estimé à 15 000 euros (lot N° 95) ou une trompe de chasse (lot N° 355) qu’on ne trouve habituellement que dans les musées. Cette dernière fut fabriquée par la famille CHRESTIEN qui est justement l’inventeur de l’instrument. Elle est estimée 5 000 euros, mais elle pourrait bien s’envoler… », détaille Maître Etienne LAURENT. Le commissaire-priseur de Vichy voit souvent passer des pièces exceptionnelles et rarissimes, à l’image d’un basson fin XVIIIe adjugé en juin 2012 à plus de 70 000 euros. Sa vente du 7 avril sera une nouvelle occasion de prendre le pouls d’un marché en pleine expansion…

Source : Vichy enchères

jeudi 8 février 2018

8 février 1807, un musicien genevois participe à la boucherie d'Eylau

Le 8 février 1807 se déroulait la sanglante bataille d’Eylau, aujourd’hui Bagrationovsk, dans l’oblast de Kaliningrad. Les 35.000 hommes de la Grande Armée emmenés par Davout, Soult, Augereau, Murat et Ney sont épuisés par onze jours de marche dans la neige. Face à eux, 72.000 Russes et Prussiens sous les ordres de Bennigsen, Bagration et Barclay de Tolly. Les pertes sont considérables : dix mille tués ou blessés chez les Français, douze mille morts et quatorze mille blessés Russes et Prussiens. Un Genevois, Jean-Louis Sabon, né en 1791, surnommé “Petit Louis” participe à l’affrontement. Sabon était alors musicien et deviendra plus tard chef de musique dans le 69e régiment de ligne. Voici la description qu’il fait de cette boucherie :
“ J’avais 16 ans à peine, j’étais donc susceptible plus que d’autres, d’éprouver à la vue d’un pareil massacre une impression profonde, qui fit que j’en perdis le besoin de boire et de manger, et que je ne sentis plus la fatigue que j’éprouvais. Au bout de peu de temps je repris mon insouciance ordinaire, et je revis tout en beau comme par le passé. Quoique j’eusse sous les yeux un tableau hideux, dégoûtant, monstrueux ; il neigeait avec cela, puis il dégelait. On voyait là couchés plus de soixante bataillons carrés qui avaient été hachés par la mitraille et aussi par des charges de la grosse cavalerie des russes ; chacun était mort à son poste, depuis le soldat jusqu’aux serre-file, sergents-majors et officiers. La plupart des curieux reconnaissaient dans les morts des “pays”, des enfants de son village, des amis du collège”.

Notre “Petit Louis” va heureusement ensuite des jours paisibles dans une garnison de Silésie. Après la chute de l’Empire, il sert le roi Louis XVIII, toujours comme chef de musique puis à nouveau l’Empereur. Au moment de Waterloo, comme tous les musiciens, il est appelé à s’occuper des blessés. Fait prisonnier par les Prussiens, il est rapidement libéré. Il reprend du service  en France au sein du 1er Régiment suisse de la Garde royale de Louis XVIII au sein duquel une compagnie genevoise est commandée par le capitaine Frédéric-Louis Rilliet-Necker. Après d’innombrables péripéties au moment de la révolution de juillet 1830, “Petit-Louis” rentre à Genève dans les premiers jours de 1831. Les autorités militaires genevoises lui confient le 26 février 1832 la direction de la Musique militaire du Premier District, forte de 40 hommes. Dès cette époque aucune fête ou solennité genevoise n’est organisée sans que l’on mît sur pied la “Musique Sabon”, l’ancêtre de notre Landwehr actuelle – Orchestre d’Harmonie de l’Etat de Genève.
Source ICI

jeudi 11 janvier 2018

L'OTAN adopte un hymne officiel

Ce mercredi (3 janvier 2018), l'OTAN a, pour la première fois de son histoire, adopté un hymne officiel. L'« hymne de l’OTAN » a été composé par le capitaine André Reichling, chef de musique de la Musique militaire luxembourgeoise, à l’occasion du quarantième anniversaire de l’Organisation, en 1989. Il a depuis été joué à plusieurs reprises, notamment à la dernière réunion en date des chefs d’État et de gouvernement des pays de l’Alliance, en mai 2017. 



Les premières propositions d'hymne remontent à la fin des années 1950. En 1958, Thomas Hildebrand Preston (Royaume-Uni) a composé une marche solennelle destinée à saluer l'arrivée de dignitaires au siège de l'OTAN, à Paris. En 1959, lors de la parade organisée pour célébrer le dixième anniversaire de l'Organisation, un orchestre et un chœur ont interprété un « chant de l'OTAN », dont la mélodie avait été composée par Hans Lorenz, capitaine dans l'armée de l'air allemande, et les paroles écrites par le capitaine Stephanus van Dam (Pays-Bas) et par Leon van Leeuwen (États-Unis). En 1960, Sir Edward Chilton, général de corps aérien dans l'armée britannique, a proposé un hymne pour l'OTAN, basé sur un arrangement du commandant J. L. Wallace combinant les hymnes nationaux des quinze pays qui formaient l'Alliance à l'époque. La pièce composée par le capitaine Reichling en 1989 est celle qui a eu le plus de succès et elle s'impose, près de trente ans plus tard, comme l'hymne de l'OTAN.
L'« hymne de l'OTAN » approuvé par le Conseil de l’Atlantique Nord ne comporte pas de paroles. Il a été écrit pour vingt instruments : un piccolo, une flute, un hautbois, trois clarinettes, trois saxophones, deux cornets, deux trompettes, un cor, un cor baryton, trois trombones, un tuba et une caisse claire. 
 Source : OTAN

mercredi 20 décembre 2017

Boutique du Musée de l’armée : la musique a disparu

Patrimoine immatériel, les enregistrements de musique et de chants militaires ne sont plus proposés aux visiteurs du Musée de l’armée. Si internet permet de trouver de nombreux titres en ligne, il est néanmoins difficile d’accéder à des présentations rationnelles des répertoires, qui sont de plus assez mal connus. Début 2016, une nouvelle salle a été consacrée à la musique militaire, signe de l’intérêt qu’elle représente pour les conservateurs du musée qui programme depuis de nombreuses années de soirées musicales. Mais pour des raisons, bien compréhensibles, de tranquillité et de fluidité des visites, les salles du musée ne sont pas sonorisées et donc ne proposent pas d’entendre le très riche patrimoine musical militaire français.
Des éditeurs commercialisent des enregistrements d’orchestres, ainsi que de chorales, militaires et civils. Ils étaient en vente depuis des années dans la boutique du musée. Ils ont disparu des présentoirs. Le nouveau prestataire en charge de l’espace commercial n’accorde plus de place à la musique, pourtant les CD n’occupent pas beaucoup d’espace et se vendent.
Il est toujours possible de vérifier et d’interroger la boutique :
N° de téléphone : +33 (0)1 44 42 41 02
Courriel : invalides@arteum.com 

vendredi 1 décembre 2017

Chants des poilus par le Chœur Montjoie, tome 2

En cette année de commémoration de la 1re Guerre mondiale, le Chœur Montjoie édite un 2e opus de chansons consacrées à ce conflit. Et il y a matière, à l’époque la TSF n’existant pas encore, la chanson restait un moyen essentiel de divertissement, et les poilus avaient le temps pour tenter de concurrencer les chansonniers. Création de la troupe, on les retrouve dans les cahiers des soldats et les journaux de tranchées, mais elles sont rarement passées à la postérité. La mémoire a préféré les compositions des professionnels, plus séduisantes qu’authentiques. Comme pour le précédent CD paru en 2007, la sélection proposée aujourd’hui par le chœur fournit des chansons issues de ces divers répertoires, ainsi qu’un aperçu de chansons étrangères (allemandes, anglaises, russes, portugaise ou belge). Elle tient compte aussi de la longue mémoire de la troupe puisqu’un répertoire est constitué de strates héritées des campagnes et événements antérieurs. Voilà pourquoi l’on peut entendre L’Artilleur de Metz, Les Allobroges ou le Chœur des Girondins. Quelques textes de grands chefs (Galliéni, Pétain, Foch), un de Péguy, le traditionnel Cri des chars ou un Ave Maria sur un air peu courant, parmi des chants militaires traditionnels connus ou à découvrir font de cet enregistrement un CD original, interprété par des choristes qui ont une réelle pratique de la chanson de soldat. Préfacé par le général Caquelard et agréablement présenté, le livret donne toutes les paroles et l’historique des titres. Indispensable, comme tous les titres du Chœur !




Chantsdes poilus et autres refrains de la Grande Guerre, tome 2, SDCMSD, CDP2, 69mn, 20€.

lundi 23 octobre 2017

Sandra Ansanay-Alex commande la musique des transmissions

La musique des Transmissions, à Rennes, a un nouveau chef en la personne de Sandra Ansanay-Alex. Petit événement pour la grande muette : il s'agit de la première femme à accéder à un tel poste dans l'armée française.


Elle n'est là que depuis quelques jours. Mais dans son grand bureau du quartier militaire Lyautey, à Rennes, Sandra Ansanay-Alex est déjà comme un poisson dans l'eau. La pression d'être la première femme chef de musique dans l'armée française semble glisser sur elle. Du haut de ses presque 45 ans, celle qui vous raconte son histoire d'un air espiègle donne l'impression d'avoir vécu plusieurs vies. Un sourire quasi permanent illumine un visage très fin. Il révèle sans doute le caractère d'une femme bien décidée à profiter de tous les instants.

Concours et médailles


Originaire de Haute-Savoie, Sandra Ansanay-Alex n'avait pas de prédisposition pour la musique. Père mécano, belle-mère faisant des ménages, « je ne viens pas d'un milieu culturel », confie celle qui occupe désormais le grade de chef de musique de 1r e classe aux Transmissions, l'équivalent de capitaine. Elle mettra un pied à l'école de musique enfant. Elle ne la quittera plus. Et enchaînera les conservatoires, comme les prix et les médailles : Annecy, Lyon, Paris, Genève... tout en obtenant un DUT en organisation et gestion de production. Son instrument de prédilection est le hautbois mais elle joue aussi du basson et de la contrebasse à corde. L'armée n'était pas forcément inscrite dans ses gènes. Mais à la fin des années 90, elle rentre dans l'infanterie en tant que volontaire militaire féminin. « Cela me donnait un métier et me permettait de continuer à payer mes études », explique celle qui intègre l'orchestre du 22e BI (bataillon d'infanterie).

160 sauts en parachute


C'est en 2006 qu'elle se décide à passer le concours de chef de musique dans l'armée. « Quand on commence à jouer d'un instrument, on ne se dit pas que l'on veut plus tard diriger un orchestre. J'ai été poussée par mon chef pour passer le concours ». Elle a déjà été formée par de grands maîtres, comme Roger Boutry, son mentor. « L'un des rares hommes à avoir composé des musiques savantes pour orchestre d'harmonie ». Sa première affectation en tant qu'adjointe : la musique des parachutistes, à Toulouse. Les fameux bérets rouges. Rien n'oblige alors Sandra Ansanay-Alex à sauter en parachute. Mais elle sait que pour se faire respecter, il faut montrer l'exemple. Elle a donc sauté à six reprises pour obtenir son brevet. « Le premier saut, j'ai eu peur », concède-t-elle sans se départir de son sourire. Aujourd'hui, la chef de musique en compte 160 à son actif ! Après un passage à la musique des troupes de Marine à Satory (Yvelines), la voilà donc en charge du commandement de la musique des Transmissions, qu'on appelle aussi « Musique de Rennes ». 54 militaires, dont douze femmes, et une civile sont sous ses ordres. Leur mission : assurer les passations de commandements, les cérémonies, les protocoles pour la zone de Défense Ouest. Mais aussi proposer des concerts ou des parades, et pas seulement de musique militaire. Grande particularité de la musique des Transmissions, elle compte deux cornemuses et deux bombardes. « Cela donne une touche de bagad mais on est très loin de rivaliser. Nous ne sommes pas un orchestre d'instruments celtiques », prévient-elle.

Kawa et tango mais pas de cuisine


Être la première femme à accéder à ce poste prouve, selon elle, qu'il n'y a pas de plafond de verre. « Après, j'ai été confrontée, comme les autres, à la misogynie, au machisme. On doit plus faire nos preuves. Mais l'armée offre plus de possibilités que dans le civil ». Désormais en Bretagne, elle souhaite mettre à profit son expérience pour rapprocher les Transmissions des professeurs de musique de collège. « Pour que les enfants chantent et qu'on les accompagne ». Sandra Ansanay-Alex, dont le compositeur fétiche est Gustave Malher, veut aussi créer plus de liens avec les étudiants du conservatoire régional de Rennes. Et si son temps personnel le permet, elle continuera à enfourcher sa Kawasaki Z pour aller faire de l'équitation ou du tango argentin. Mais pas de cuisine. « Car je ne sais même pas cuire un oeuf », rit celle qui manie pourtant la baguette avec dextérité.
Source Le Télégramme

lundi 9 octobre 2017

Partitions en Petit-Format

Agnès Bidard apprécie les partitions au point de les sélectionner et de les commercialiser. Son site très fonctionnel, Le Temps des chansons, permet d’accéder à plus de 32000 partitions remarquablement présentées. Un moteur de recherche ouvre sur des découvertes thématiques.
Le petit-format s’est développé avec l’ouverture des cafés-concerts à partir de 1848 et la généralisation de l’apprentissage de la lecture pour disparaître après la 2e Guerre mondiale. Des quantités de partitions suivant l’évolution de la chanson parisienne, puisque Paris donnait le ton en la matière.
Les thématiques sur les soldats et les militaires donnent de nombreux résultats.


mardi 29 août 2017

La Marche de la 4

Le chant militaire est un répertoire de tradition orale, c'est-à-dire transmis à l’imitation. Ainsi certains chants ne figurent dans aucun recueil ni aucun enregistrement, même s’ils ont pu être connus et chantés. La « Marche de la 4 » a cette particularité. Elle a été créée par les paras de la 4e compagnie du 3e régiment de parachutistes coloniaux en 1954. Ses paroles sont dans un polycopié de l'époque et elles figurent surtout dans le livre du général Bigeard, Pour une parcelle de gloire (Plon, 1975), page 313. C’est même le seul chant mentionné, ce qui indique son importance aux yeux de l’auteur. Il avait été écrit par les lieutenants Pellabon et Grillot. 
Le chant avait disparu du répertoire et c’est tout l’intérêt des travaux des anciens du chœur régional UNP-Centre d’entretenir et de promouvoir le patrimoine chanté des troupes aéroportées.
Hubert Penault, ancien du 3e RPC en Algérie (février 1959 à mars 1961) chante d'un seul jet ce très beau chant de la 4e Compagnie. Dans la première version, le refrain commence ainsi : "Paras Bigeard". C'est devenu ensuite : "Paras du 3".
On notera que l'air est original, contrairement aux usages de l’époque qui reprenaient souvent des airs de chants allemands. C'est probablement la raison pour laquelle il avait disparu, il est un peu plus difficile à chanter.
Donc un chant à faire revivre.