jeudi 22 août 2019

Les chants des supporters dans le collimateur

Ça devient très compliqué. La fessée et toute forme de violence sont interdites à l'égard des enfants, mais les instances du foot sanctionnent les supporters pour des “chants homophobes” qui sont en réalité de simples et traditionnels slogans utilisant des grossièretés («enc… !»). La présidente de la Ligue de football professionnelle relaie la réaction de la ministre des Sports stigmatisant ces «violences» et «propos discriminatoires» et élargissant le champ des mesures envisagées sur les fumigènes et les interdictions de déplacement ICI.
Le supporter fait une nouvelle fois figure de bouc émissaire d'une société incapable d'assurer la paix civile. Cette persécution du supporter s'inscrit dans la dénonciation de toute expression de cohésion comme on en retrouve chez les militaires ICI.
Au lieu de s'en prendre aux supporters, l'Etat ferait bien de montrer l'exemple. Il y a longtemps que les profs ne peuvent plus sanctionner leurs élèves dans les cours de récréation, les parents n'ont plus le droit de réprimander leurs enfants, dans ces conditions on se demande bien pourquoi s'en prendre à certains supporters et pas à d'autres ?
Car on n'a pas entendu ces femmes intervenir lors des manifestations de supporters de l'équipe d'Algérie après la victoire, sur les Champs-Elysées et dans toutes les grandes villes de France. En arborant le drapeau du FLN, des voitures ont été incendiées, des magasins pillés et des slogans insultant la France n'ont pas fait l'objet de mesures particulières ICI.



Le supporter, comme le soldat, fait partie des derniers à utiliser et entretenir un répertoire de chants, ainsi qu'à faire la démonstration publique de mouvements collectifs de cohésion. Ces techniques d'expression ont été étudiées par McNeill, montrant leur importance dans la vie des sociétés ICI.

lundi 5 août 2019

Complainte des templiers : Franck Ferrand n'est pas musicologue.

Dans son émission sur les templiers de mai 2018 sur Europe 1, Franck Ferrand met en illustration sonore la Complainte des templiers, sans indiquer l'origine de l'enregistrement. Il qualifie l'interprétation de « chant nazi ». Manifestement, il ne connait rien à la chanson et se permet un amalgame injustifié avec une composition récente destinée au répertoire scout. La chanson est interprétée par le Chœur de la Joyeuse garde, dédié au répertoire populaire, scout, militaire, à boire, … Rien qui concerne LHLPSDNH (la période sombre). Comme quoi, on peut faire des émissions historiques intéressantes et se laisser à répandre des clichés relevant de l!ignorance ou de la calomnie.
En réalité cet amalgame ridicule n'est pas innocent. Il correspond au même état d'esprit qui dénigre la musique militaire. Il serait temps que les répertoires encore chantés ne soient pas systématiquement déconsidérés. Ces chants sont essentiels pour créer du lien collectif à une époque où la population se contente de consommer passivement de la musique au lieu de la pratiquer. Le chant étant encore le moyen le plus simple et le plus généralisé de faire vivre la musique.


lundi 15 juillet 2019

L’EMIA chante sur les Champs au défilé du 14 Juillet

Le chœur de l’EMIA a interprété Ô Douce France, une chanson composée par le capitaine Jean Lamaze en 1948, devant la tribune officielle à la fin de la cérémonie, juste avant la Marseillaise.
Cette prestation, complétée par l'hymne national juste après a montré qu’il existe des chœurs militaires de qualité dans l’armée française. Ils ont trop rarement l’occasion de se produire en public. Outre l’EMIA plus largement qui fournissait l’effectif principal, on pouvait entendre des choristes des promotions issues de l’ESM, l’ENSOA, Polytechnique, l’EOGN, Navale, l’Ecole de l’Air et du Prytanée. 
C’est probablement la première fois que ces écoles chantent ensemble. Elles illustrent la pratique du chant dans l’armée française. Elles illustrent aussi le potentiel du chant militaire car malheureusement l‘absence de choristes n’appartenant pas aux écoles montre aussi que le chant en corps de troupe est plus fonctionnel qu’esthétique. La détérioration de la pratique du chant est constatée depuis des années sans qu’un remède soit apporté. Dernier répertoire de métier, outil de cohésion et d’expression du moral des soldats, le chant subit la concurrence des nouveaux loisirs numériques. Comme dans les milieux civils, il est plus consommé que pratiqué.
Cet exemple exceptionnel lors du défilé du 14 Juillet montre que les compétences existent toujours dans l’armée française et que le chant militaire est capable de plaire et d’émouvoir un public civil.
Avec un tel potentiel, il devrait être facile de promouvoir plus souvent de belles prestations de chant choral. Le répertoire des armées est abondant et varié dans toutes les armes et largement capable de réjouir les cœurs de la population.


dimanche 14 juillet 2019

Le Forestier réécrit son histoire !


“Parachutiste”, la chanson… La réalité ne serait que subjective ? Hallucinante l'explication donnée par Maxime Le Forestier dans l'émission de Taddeï, le 07/07 (à partir de 48'34", aller à l'essentiel ICI). Le chansonnier a été mal compris ! La chanson emblématique de l'antimilitarisme des années 1975-1980 n'était que le portrait d'un «type formidable», «d'un exceptionnel militaire». Vouloir faire croire avec 44 ans de distance qu'il faisait un éloge des paras alors qu'il n'avait jusqu'ici jamais contesté l'interprétation ordinairement admise, relève au minimum de la “désinformation positive”.

Sur la même antenne en septembre 1975, le Sgt Dupuy du Comité de soutien à l'armée était venu expliquer à l'artiste ce que lui et ses camarades pensaient de sa chanson. Avec sa nouvelle version, le chanteur aurait évité quelques baffes… Il le fait exprès ou il continue de prendre les paras pour des demeurés ?





1. Tu avais juste dix-huit ans
Quand on t'a mis un béret rouge,
Quand on t'a dit: "Rentre dedans
Tout ce qui bouge."
C'est pas exprès qu' t'étais fasciste,
Parachutiste.

2. C'est plus qu'un travail de nana
D' commander à ceux qui savent lire,
Surtout qu' t'as appris avec moi
Ce que veut dire
Le mot "antimilitariste",
Parachutiste.

mercredi 10 juillet 2019

Expo au Musée de l’Armée : Les canons de l'élégance

« Mangez bien, vous ferez de beaux morts ! Ça les démoralisera ! » disait le capitaine Stéphane à ses maquisards. Dans cet esprit, le Musée de l’Armée organise à la rentrée une exposition sur l’élégance militaire. Sujet emblématique, le prestige de l'uniforme, et même avant l'uniforme si l'on se réfère aux tenues excentriques des lansquenets. 
Au Moyen-âge, sous l'Antiquité et incontestablement de tous temps, les guerriers rivalisaient de panache dans leurs tenues. Avant les batailles, quand les troupes se mettaient en place, des champions à l'équipement étincelant venaient provoquer le champion de l'armée ennemie pour faire le spectacle en attendant que les armées s'affrontent. Le tournoi en a été une réminiscence. Les uniformes présentés sur les estampes ne traduisent pas l'état des tenues après plusieurs jours d'étape soumis aux intempéries en campant sous la tente. Les vivandières étaient là pour redonner du lustre au soldat qui va affronter la mort. 
La préoccupation n'a pas changé. Au début de la guerre d'Algérie, Bigeard fait retailler les treillis de ses paras et couper un modèle spécial de casquette pour les distinguer des autres. L'exemple sera tellement suivi que les tenues camouflées vont être longtemps prohibées en métropole. Plus que les fanfreluches, les plumes ou les brandebourgs, le soldat se respecte, estime son adversaire et donc le montre avec élégance et ostentation. L'exposition présente des armes d'honneur ainsi que des trompettes d'honneur, il y avait aussi des baguettes pour les tambours. A ne pas manquer. 

Musée de l’Armée, détails ICI.
Tous les jours de 10h à 17h Du jeudi 10 octobre 2019 au dimanche 26 janvier 2020

mercredi 19 juin 2019

Christian Marcadet (1945-2019)

Historien de la chanson, Christian est mort le 16 juin après cinq années de lutte contre un mal inexorable. Collectionneur, historien précis, universitaire ouvert aux débats, toujours prêt à échanger surtout quand il y avait confrontation des idées. Jamais choqué a priori par une hypothèse originale, et il faut bien en faire pour essayer de comprendre. Autant de qualités qui en font un personnage rare dans le climat actuel. Nous n'échangions pas souvent vu que nos travaux ne concernaient pas les mêmes répertoires, mais nos échanges étaient toujours fructueux et constructifs, encore récemment.


lundi 3 juin 2019

Le nouveau carnet de chants des parachutistes

Ce nouveau carnet de chants permet d’apprendre n’importe lequel des 85 titres publiés, plus que dans n’importe lequel des carnets disponibles aujourd’hui. Pour la première fois, les mélodies de tous les chants sont en ligne, accessibles et téléchargeables librement. Ce carnet est solide, dans un format de poche, conçu pour résister sur le terrain, à la popote et dans les repas de corps.
Les indications musicales qu’il fournit en font un outil de professionnels avec le ton, le pied de départ, les temps forts et les temps muets, renseignements exploitables facilement par tous sans nécessiter de compétence musicale particulière. Il a été élaboré par des spécialistes (Thierry Bouzard, docteur en Histoire ; Gérard Eiselé, chef du Chœur de l’UNP-Centre ; Jean-François Durand, chef de musique hors-classe (ER) et le capitaine (ER) Arno Bohner), et expérimenté dans une section du 2e REP au début de l’année 2019. Il est présenté par le Gal Collet, commandant de la 11e BP. Son concept original est fonctionnel et pratique : il ne change pas les usages, il les améliore. Il veut faciliter la pratique du chant par les soldats et élargir le répertoire.


Les paroles ont été “augmentées” avec des indications musicales faciles à comprendre et à assimiler. Pour la première fois, le soldat connaît le pied de départ (les chants ne démarrent pas tous sur le pied gauche !), les temps forts et les temps muets.
Les mélodies en lignes sont téléchargeables. L’homme-ton a ainsi le bon ton de départ qu’il peut installer sur son téléphone. Les soldats n’ont plus qu’à reproduire la bonne cadence d’exécution. Les fichiers-sons sont aussi “augmentés”. On y retrouve les temps forts et les temps muets déjà indiqués dans les paroles. Plus possible de chanter à contrepas.


La mélodie de Au terrain est ICI.

Les mélodies en ligne vont permettre d’élargir le répertoire puisque des chants oubliés (Djebels, Para au rouge béret ou encore Para descendu dans le vent), comme des chants récents (Hello Boys, Sur les rives du Chari) vont pouvoir être repris très facilement. Avec 85 chants pour 112 pages, ce carnet très compact en offre bien plus que les éditions actuellement en circulation. Les paras montrent l’exemple car ce carnet pourrait être appelé à devenir le nouveau standard dans l’armée française.

Carnet de chants des parachutistes, 85 chants, 112 pages (11x15cm), Diffusia, 2019, 13€, ICI.
Le site des mélodies est ICI.



Le carnet est présenté sur Theatrum Belli ICI.

Appel à la prière islamique dans la cathédrale Saint-Louis

A l’heure où les soldats français sont tués par des islamistes, permettre à un imam d’appeler à la prière pour vénérer Allah dans la cathédrale de l’armée française (la seule cathédrale de la capitale après l’incendie de Notre-Dame) est un signe de considération qui ne peut être interprété que comme une dhimmitude. La France est en guerre avec certains adeptes de cette même religion, il ne faudrait pas l’oublier. Si leur sacrifice est inutile, il ne faut pas les envoyer risquer leur vie.



Voici la lettre rédigée par le colonel (er) Jacques Hogard et adressée à Mgr Romanet, évêque aux armées :


« À force de tout voir l’on finit par tout supporter… A force de tout supporter l’on finit par tout tolérer… A force de tout tolérer l’on finit par tout accepter… A force de tout accepter l’on finit par tout approuver ! »
Saint Augustin
Monseigneur,
Pour la première fois de son histoire, et nous l’espérons ardemment, pour la dernière fois, l’appel à la prière islamique a été chanté dans la cathédrale des Invalides pour le vingtième anniversaire de la “paix” au Kosovo le mercredi 22 mai dernier.
L’Adnan sunnite a ainsi été chanté dans l’enceinte de l’Eglise des Soldats. En voici, pour mémoire, les paroles :
“Allah est le plus grand
J’atteste qu’il n’y a de dieu qu’Allah
J’atteste que Muhammed est le messager de Allah
Venez à la prière
Venez à la félicité,
La prière est meilleure que le sommeil.
Allah est le plus grand.
Il n’y a de vraie divinité hormis Allah.”
Certes on nous dira qu’il s’agissait d’un « concert pour la paix intitulé “L’homme armé, messe pour la paix” de Karl Jenkins, chanté par le chœur et l’orchestre de la « Philharmonic » du Kosovo, organisé à l’initiative de “l’ambassade de la république du Kosovo” pour marquer le vingtième anniversaire de la “fin” de la guerre  au Kosovo et “rendre hommage sans considération ethnique à la France et à l’armée française qui ont contribué à la paix dans les Balkans” selon les mots de  “l’ambassadeur du Kosovo” à Paris, M. Qëndrim Gashi. Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une profanation, infiniment scandaleuse autant que douloureuse à nos cœurs d’officiers et sous-officiers français et chrétiens.
Nous savons bien sûr que le Diocèse aux Armées est utilisateur et non affectataire de la cathédrale Saint Louis des Invalides. C’est le Musée de l’Armée qui en est l’affectataire et nous savons également que le Diocèse n’est pas décisionnaire des « concerts » qui s’y déroulent et n’a pas été associé au contenu du présent « concert » organisé sous l’égide de l’ambassade du Kosovo à Paris.
Sans préjuger des responsabilités qui seront établies dans cette affaire, et notamment celles de l’autorité décisionnaire, sans insister sur le caractère douteux de la soirée de concert ainsi organisée par le représentant d’un État pour le moins controversé, certes reconnu par la France mais non reconnu par l’ONU, il apparaît aux signataires de cette lettre qu’il y a là un événement d’une gravité exceptionnelle : le coran psalmodié (en chaire !) dans une église catholique, et quelle église ! La Cathédrale des Soldats !
Par ailleurs, il nous semble indispensable qu’à l’avenir le Diocèse aux Armées soit désormais systématiquement saisi par les autorités décisionnaires de toute demande d’organisation de « concert » ou autre événement « artistique » dans ce haut lieu de la Foi chrétienne, si symbolique et important pour nos Armées françaises.
En espérant que vous nous ferez connaître les suites réservées à notre demande, nous vous prions, Monseigneur, de bien vouloir agréer l’assurance de notre très respectueuse considération.
Les officiers généraux, les officiers supérieurs, les officiers et sous-officiers soussignés :
GAR (2S) Frédéric BETH, GCA (2S) André-Marie d’ANSELME, GCA (2S) Claude ASCENSI, GCA (2S) Henry CLEMENT-BOLLEE, GCA (2S) Bruno CLEMENT-BOLLEE, GCA (2S) Michel FRANCESCHI, GCA (2S) Bertrand de LA CHESNAIS, GCA (2S) Maurice LE PAGE, GDI (2S) Philippe CHATENOUD, GDI (2S) Jacques DARCOS, GDI (2S) Michel FRUCHARD, GDI (2S) François GAUBERT, GDI (2S) Jean MAURIN, VA (2S) François de PENFENTENYO, GDI (2S) Claude REGLAT, GDI (2S) Henri ROURE, GDI (2S) Jean-Pierre SOYARD, GBR (2S) Yves BERAUD, GBR (2S) Dominique CHRISSEMENT, GBR (2S) Bernard COCHIN, GBR (2S) André COUSTOU, GBR (2S) Roland DUBOIS, CA (2S) Claude GAUCHERAND, GBA Daniel GROSMAIRE, GBR (2S) Christian HOUDET, GBR (2S) Marc JEANNEAU, GBR (2S) Etienne LECLERE, GBR (2S) Bruno LE FLEM, GBR (2S) François LEGRIER, GBA (2S) Antoine MARTINEZ, GBR (2S) Jean-Paul MICHEL, GBR (2S) Marc PAITIER, GBR (2S) Jean-Bernard PINATEL, GBR (2S) Jacques RAYMOND,
COL (ER) Jean ALLARD-MEEUS, MC1 (ER) Patrick BARRIOT, COL (ER) Yannick BLEVIN, CV (H) Jean de CORBIERE, COL (ER) Jean-Jacques DOUCET, COL (ER) Dominique DUVAL, COL (ER) Jean-Baptiste de FONTENILLES, COL (ER) Jacques de FOUCAULT, MC1 (ER) Patrick GUYON, COL (H) Patrick HAYS, COL (ER) Jacques HOGARD,  COL (ER) Patrick LALLEMAND, COL (ER) Xavier MASSON-REGNAULT, COL (ER) Philippe MIAILHES, COL (ER) Georges MICHEL, COL (ER) Jean-Jacques NOIROT, CRC1 Jean-Claude PHILIPPOT, COL (ER) Frédéric PINCE, COL (ER) Philippe RIDEAU, COL (ER) Michel ROBARDEY, CV (ER) François SAVY, COL(ER) Gildas SONNIC, CRC1 (ER) André SUTY, COL (ER) Gérard VANSTENNE, COL (ER) Patrick VAUGIEN, COL (ER) Thierry VINCENT,
LCL (ER) Arnaud d’ANSELME, LCL (ER) Georges BENINTENDI, LCL (ER) Michel BOUZY,  LCL (ER) Bernard CHAIN, LCL (ER) William DUBOSQ, LCL (ER) Pierre-Marie FERRAN, LCL (ER) Alain GRANDJEAN, LCL (ER) Christian HYVERNAT, LCL (ER) Pierre LAMY, LCL (ER) Hervé LANCRENON, LCL (ER) Bruno de MARIGNAN, LCL René MERCURY, LCL (ER) Gilles MICHEL, LCL (ER) Olivier MONTEIL, LCL (ER) Jacky PEDEMONTE, LCL (H) Hervé de PENFENTENYO, LCL (ER) Benoit de RAMBURES, LCL (R) Frédéric SÉNÉ, LCL (ER) Frédéric TENAIRI, LCL (ER) Eric VALLETTE d’OSIA, LCL (ER) Patrick WOOMER, CES (H) Laurent MORANDINI, Henri-Paul FAVALIGNA (Officier Honoraire des Troupes de Marine), Alexandre TROUBETZKOI (ancien du 24ème Bataillon de Chasseurs, LV (H) Jean-Louis VENTURA, CNE (ER) Gérard GRANDGEON, ADJ (R) Serge LANGLADE, ADJ Jean-Noël PISCEDDA.
Paris le 1er juin 2019.
(Liste à jour à la date du 2 juin)

vendredi 17 mai 2019

Le chant, indispensable outil de cohésion et de communication

La cérémonie d’hommage aux deux officiers mariniers tués lors d’une opération en Afrique illustre le rôle essentiel de la musique. Loin de chez nous est un chant remontant à la guerre d’Algérie. S’il n’a pas été chanté lors de la cérémonie, sa mélodie a été jouée par le bagad de Lann Bihoué. Et pas de musique sans un orchestre ou un chœur.


mercredi 1 mai 2019

Le chant militaire est un répertoire oral vivant qui, s’il est d’abord destiné aux soldats, peut parfaitement être repris dans des interprétations de qualité. Actuellement, le contexte culturel français en fournit peu d’occasions, mais elles n’en sont que plus appréciables et manifestement appréciées. Elles mériteraient d’être plus connues.
Glanées sur Youtube, d’abord une récente interprétation des Combats de Tu Lê. Ce chant a été composé pour la promotion de l’EMIA du même nom par les SLT Sauvée et de Pontbriand (1992-1994).



Avec l’accompagnement d’un orchestre, l’adaptation française du célèbre chant funèbre des soldats allemands, Ich hatt einen Kameraden. On reconnait dans la mélodie quelques mesures de la 2e partie de l’adagio du Concerto pour clarinette de Mozart. Friedrich Silcher, admirateur du compositeur viennois, s’en est inspiré pour la mélodie qu'il a adaptée aux paroles écrites par Ludwig Uhland en 1809.


samedi 27 avril 2019

Gérard Eiselé, jalons d'un musicien militaire, 1979-2019

A travers deux événements, une émission de télévision et un concert, on retrouve un musicien investi dans les répertoires militaires. D'abord comme instrumentiste au sein de la Fanfare de la 2e Région aérienne intéressé par les anciens répertoires.


Cet intérêt pour la musique militaire s’est poursuivi plus tard par la création du chœur de l’UNP-Centre avec d’anciens parachutistes. Dédié au répertoire militaire, il veut faire entendre de belles interprétations du dernier chant de métier vivant.
Reconnaissance internationale, il était invité dimanche 26 avril 2019 à chanter avec les Chœurs de l’Armée rouge lors de leur passage à Paris.


Contrairement à ce que colportent les ignorants, les répertoires musicaux militaires ne sont pas des genres inférieurs. Parfois d’une grande ancienneté, toujours d’une grande richesse, ces patrimoines sont entretenus, comme dans ces deux illustrations, par des musiciens professionnels de talent.

lundi 15 avril 2019

L'Orchestre militaire français, histoire d’un modèle

Cet ouvrage est la publication d’une partie de la thèse consacrée par l’auteur aux répertoires musicaux militaires et soutenue en octobre 2016 à Amiens (université de Picardie). Le livre retrace plus spécialement l’histoire de l’orchestre d’harmonie pour le plein air. C’est aussi l’histoire de la musique de plein air. L’écoute de musique enregistrée fait oublier le formidable engouement populaire au XIXe pour la musique de kiosques. Ecouter de la belle musique gratuitement, celle qui était composée par les plus grands musiciens d’Europe, pour l’Opéra et les grandes scènes, écouter aussi les airs plus ordinaires des cafés-concerts.
Pourquoi l’armée française fait appel au Belge Adolphe Sax, virtuose de la clarinette puis du saxophone et génie de la facture instrumentale ? L’adoption de ces instruments correspond à l’évolution des procédés de fabrication et à l’industrialisation de la société. Ils vont permettre la constitution d’orchestres monstres de plus de 1000 musiciens, orchestres impensables auparavant, et dont on ne trouve pas d’équivalent dans les autres civilisations.
Cet orchestre de plein air mis au point par l’armée de Louis-Philippe est le résultat d’une politique poursuivie depuis Louis XIV par tous les régimes, signe de son importance. Elle donne son nom à la Belle Epoque, dont le symbole est justement le kiosque à musique avec son orchestre de plein air.
Les ignorants qui veulent se donner un vernis de culture répètent la citation faussement attribuée à Clemenceau sur la musique militaire. Ce livre montre au contraire la gestation et le développement de cet incroyable orchestre de plein air dont les instruments et l’organisation ont été salués par les plus grands compositeurs de l’époque (Berlioz, Verdi, Wagner, …).
Ces orchestres n’auraient pas existé sans une évolution du statut des musiciens, des artistes soldés par l‘armée dont la mission est de faire la guerre pour garder la paix. Il fallait une raison bien impérieuse pour imposer aux états-majors des musiciens dans ses effectifs, pour imposer un art qui nécessite le silence pour être apprécié au milieu de matériels de guerre qui produisent les bruits les plus assourdissants.
Avec cet ouvrage, l’orchestre de plein air mis au point par l’armée française sort de l’ombre. Adopté en 1845, il a servi de modèle dans tous les pays faisant admirer la musique européenne sur tous les continents. C’était une époque où l’on n’écoutait que de la musique naturelle, vivante, celle qui entretient les liens collectifs, celle qui permettait de rassembler les populations sans considération d’origine sociale autour de ces orchestres. Car s’il sont d’abord militaires, ils vont être imités par des formations civiles vingt fois plus nombreuses. Elles rendent compte de cet engouement quasiment incompréhensible de nos jours où l’on n’écoute plus que des musiques figées dans l’enregistrement, des musiques mortes. Cet ouvrage veut donc retracer la formidable aventure de ces orchestres de plein air.

Thierry Bouzard, L’Orchestre militaire français, éditions Feuilles, 360 pages, 24 €.


Plan de l’ouvrage :

PRÉAMBULE
INTRODUCTION

1. À L’ORIGINE, DANS LES ARMÉES ROYALES
Le fifre
Musique au siège et à la cour
La marche et la naissance d’un répertoire
Organiser, réglementer, payer
Les instruments : évolution et diversification

2 . LES ORCHESTRES MILITAIRES SOUS LA RÉVOLUTION ET L’EMPIRE
Après le 14 juillet 1789
De la Garde des consuls à la Vieille Garde
La fête et le luxe
Les risques du métier

3 . LA GESTATION D’UN SYSTÈME (1815-1852)
DU LOISIR MILITAIRE PRIVÉ AUX FESTIVITÉS PUBLIQUES
1827-1828, les premiers concours de musiques militaires à Paris
Louis-Philippe utilise les orchestres militaires

LES PROGRÈS DE LA FACTURE INSTRUMENTALE
Instruments : une recherche constante de perfectionnement
Facteurs d’instruments en France
Les instruments d’Adolphe Sax
Volonté de réformer les musiques militaires
Des orchestres militaires d’agrément aux festivités publiques
Les plus anciens orchestres français
Les fanfares de chasseurs à pied
La situation des musiques militaires avant la réforme de 1845

RÉVISION DU STATUT DES MUSICIENS
Une hiérarchie inadaptée
Un statut injuste
L’affaire Messmer et la disparition des gagistes
Les chefs de musique ont de l’avancement

RENOUVELER ET ENTRETENIR LE RÉPERTOIRE
La création musicale est à l’Opéra
Le ministère encourage les compositions nouvelles
Traités et manuels
Le répertoire en action : concert et catalogue

LE GYMNASE MUSICAL MILITAIRE (1836-1856)
La création
Premiers résultats
Le Gymnase musical militaire, enjeu politique et musical
Les classes et les professeurs
Demande d’effectifs en hausse et affectations

LA RÉFORME DE 1845
Saxons et Carafons
L’organisation de 1845
Les facteurs d’instruments contre Sax

4. ORGANISATION (1852-1879) DES FESTIVITÉS MUSICALES
Un orchestre colossal et expérimental
Les expositions nationales et internationales
Le concours international de musiques militaires de 1867 et ses suites
La question du répertoire officiel
L’élaboration du cérémonial militaire

DES ORCHESTRES. UNE RÉORGANISATION ENTRE PRESTIGE ET RESTRICTIONS BUDGÉTAIRES
Le temps du prestige
La Musique des Guides, un orchestre modèle
La fanfare du bataillon de chasseurs à pied de la Garde impériale ou Sax mis en échec (1853)
La réorganisation des musiques de la Garde impériale
Les musiques de la ligne, mars 1855
Des artistes en campagne
Les instruments de musique
Tentative de restriction
Le décret de mars 1860. Réductions tous azimuts
Suppression des musiques dans la cavalerie, avril 1867
La nouvelle organisation, décret du 5 octobre 1872
Les fanfares des troupes légères

DES HOMMES. UNE VOLONTÉ D’AMÉLIORATION DES COMPÉTENCES ET DU STATUT DES MUSICIENS
Fermeture du Gymnase musical militaire, autres raisons
Création d’écoles de musiques régimentaires
Un concours annuel de chef de musique
La reconnaissance du statut des musiciens
L’uniforme des musiciens
Les musiciens pendant la guerre de 1870

5. EXPLOITATION (1879-1914) LE NOUVEAU CÉRÉMONIAL RÉPUBLICAIN
L’émergence des hymnes nationaux en Europe
Les nouveaux symboles de la République. La Marseillaise
L’affaire Sellenick (juin 1878) et l’adoption de l’hymne national
L’hymne, Marianne et les trois couleurs
Musique militaire et liturgie républicaine : occuper l’espace public
L’affaire de Saintes (août 1901)
Cérémonial

ORGANISATION DES ORCHESTRES
Civils et militaires, un même besoin d’orchestres
Une tentative de suppression des musiques militaires
L’organisation de 1898
Une confrontation avec les orchestres civils
Le cas des timbales de cavalerie
Les projets de réorganisation (1909-1911)

GESTION DES HOMMES
Des musiciens, des militaires
Reconnaissance des chefs de musique et des sous-chefs

LA MUSIQUE DE LA GARDE RÉPUBLICAINE, JOYAU NATIONAL
Le modèle des orchestres
Des tournées en province
La Musique de la Garde, ambassadrice
Le statut spécial de la Musique de la Garde
Les chefs de musique de la Garde

DES RÉPERTOIRES MILITAIRES ET CIVILS
Un répertoire consensuel capable de tisser les liens au sein de la nation
Un empire quadrillé d’orchestres de plein air
Les orchestres de plein air, porteurs de l’idéal républicain
Des concerts en phase avec l’évolution de la société

SITUATION DES ORCHESTRES MILITAIRES À LA VEILLE DE LA GUERRE

6 . L’ORCHESTRE MILITAIRE PENDANT LA GRANDE GUERRE
Le statut des musiciens en temps de guerre
Les orchestres militaires dans la guerre
Un répertoire populaire
Musique, cérémonial et diplomatie
La contribution des compositeurs
La pratique militaire des soldats

CONCLUSION
Évolution de l’orchestre militaire français, 1764-1902
SOURCES

jeudi 4 avril 2019

Le Chœur de l’UNP-Centre avec le Chœur de l’Armée rouge à Paris

Le Chœur de l’UNP-Centre, composé d’anciens parachutistes et dirigé par le talentueux et compétent Gérard Eiselé, est invité à chanter pour le dernier concert du Chœur de l’Armée rouge à Paris le 21/04.
Le Chœur de l’UNP-Centre a enregistré en 2018 le CD Hommage à nos soldats présenté ICI et ICI.
Il est le seul chœur civil entièrement consacré au chant militaire, un répertoire vivant mais rarement médiatisé. En l’invitant à chanter avec lui, le Chœur de l’Armée rouge reconnait ses compétences musicales et la qualité de son répertoire.
Les anciens parachutistes français uniront leurs voix à celles des militaires russes, une occasion unique de célébrer une amitié séculaire entre la France et la Russie.
Le concert avec le Chœur de l’UNP-Centre est celui du 21/04 à 15h.
Informations et réservations ICI.


mercredi 27 mars 2019

Colloque sur la musique militaire aux Invalides : 02/05/2019

Info du 03/04/2019. Le colloque est reporté à l'automne.

Programme fourni pour une initiative qui s’inscrit dans la volonté du CEMAT d’utiliser les musiques pour développer “l’esprit guerrier” dans la troupe à travers un meilleur emploi des orchestres, une amélioration de la pratique du chant et la réintroduction des sonneries d’ordonnance dans les casernes.
Dans l'amphi Austerlitz des Invalides avec les interventions de chercheurs sur ces sujets (musique, chant, céleustique) et la participation d'au moins un orchestre.


Programme est iICI. Les inscriptions sont ICI.

lundi 11 février 2019

Le prix de l’Epaulette 2019 attribué à Thierry Bouzard

L’association des officiers de l’EMIA remettait samedi 9 février à l’École militaire interarmes son prix annuel. Après une table ronde sur le thème « Ethique et Robotique », avec les interventions de personnalités de la Défense et extérieures, sous la présidence d’honneur du Général d’armée Jean-Pierre Bosser, Chef d’état-major de l’armée de Terre et du Général d’armée Richard Lizurey, Directeur général de la Gendarmerie nationale.
L’Épaulette distinguait cette année le lieutenant-colonel Philippe Pasteau pour son ouvrage sur les aumôniers pendant la Grande Guerre et le lieutenant (R) Thierry Bouzard, collaborateur du site THEATRUM BELLI, pour l’ensemble de ses travaux sur les répertoires musicaux militaires à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage, Grand Recueil des chants parachutistes (Diffusia, 2018) co-rédigé avec Gérard Eiselé.
Patrimoine immatériel, les répertoires musicaux militaires (musiques, chants et céleustique) sont rarement étudiés. La distinction venant des officiers de l’Épaulette est donc particulièrement bienvenue. C’est effectivement la première fois qu’un ouvrage sur les chants parachutistes veut présenter l’ensemble du répertoire de ces soldats accompagné de partitions originales transcrites à partir des meilleurs enregistrements. Dernier répertoire de chants de métier, le chant militaire est un authentique patrimoine musical populaire qui mérite à ce titre d’être mieux connu, voire découvert.
L’auteur publiera très prochainement un ouvrage sur l’orchestre militaire français (édition Feuilles) et travaille actuellement sur un Grand Recueil des chants légionnaires avec Gérard Eiselé.
De gauche à droite : Gérard Eiselé, Thierry Bouzard, le Général Guiaume, le lieutenant-colonel Pasteau.